7 Conseils pour éviter la page blanche

Ecrire est une passion, c’est souvent même une vocation. Au-delà du simple plaisir d’écrire, il vient presque toujours l’envie de créer une œuvre audacieuse, de mettre à exécution son talent pour générer un univers, une histoire dans laquelle on aimerait que nos futurs lecteurs se perdent et que leurs esprits ainsi que leurs cœurs résonnent à l’unisson avec les personnages et les mondes que nous leur avons fait découvrir.

Ce noble vœu peut parfois être mis à mal par ce que l’on appelle le syndrome de la page blanche. Cette panne sèche, qui n’a rien à voir avec un défaut d’encre, peut souvent nous laisser, nous écrivains en devenir, dans un profond désarroi. Cela ouvre la porte au doute, à l’insécurité, à la remise en question et au bien-fondé de notre quête d’une histoire qui saura subjuguer nos futurs lecteurs.

Le syndrome de la page blanche arrive presque à tout le monde. Le manque d’inspiration, la frustration, le contexte, l’état d’esprit, la pression et bien d’autres facteurs peuvent en être la cause sous-jacente. Mais lorsque cela vous arrive, surtout ne paniquez pas. Des solutions existent pour dépasser ce blocage et faire à nouveau naître de belles histoires à travers votre plume.

Dans le billet de cette semaine, je vous propose d’explorer les solutions qui vous permettront de vous libérer du syndrome de la page blanche dès le moment où celui-ci pointe le bout de son nez.

1. Accepter la page blanche

Comme vous pouvez le constater, j’attaque fort et j’enfonce des portes ouvertes ! Eh bien oui. Il faut parfois accepter que vous manquiez d’inspiration ou que vous soyez dans un état mental qui ne vous permet pas de vous concentrer pleinement sur votre projet. Cela arrive. L’important, c’est d’en prendre conscience et de ne pas se mettre la pression. Oui, cela arrive même au meilleur d’entre nous. Un peu comme quand, après une soirée bien arrosée, il devient difficile de remplir son devoir conjugal. Se mettre la pression ne fera qu’empirer les choses. Acceptez qu’il faille reporter momentanément votre séance d’écriture afin d’y revenir encore plus motivé et productif la prochaine fois.

La bête noire de l’écrivain…

2. S’aérer l’esprit

Plutôt que de se morfondre, de stresser ou encore de se forcer à rester coincé devant son manuscrit avec un sentiment grandissant d’impuissance, il vaudrait mieux vous en éloigner momentanément. Prenez l’air, allez vous aérer l’esprit. En laissant votre cerveau divaguer, en ne pensant à rien ou en pensant justement à tout autre chose que vos écrits, votre cerveau va alors pouvoir se recharger. Voir des choses différentes, prendre un bol d’air frais afin d’oxygéner au mieux ce dernier est souvent la meilleure chose à faire lorsque l’on bute sur quelque chose. Se changer les idées permet à votre esprit de faire un break. Lorsque vous retournerez à vos écrits, il sera plus frais et dispo. Vous aurez alors bien plus de chances de redémarrer votre texte dans ce contexte plutôt que dans celui où vous tenteriez de forcer votre esprit à créer à tout prix alors qu’il est épuisé ou qu’il n’est pas du tout enclin à produire des idées. S’évader est souvent la clé pour laisser votre subconscient travailler. Il reviendra toujours avec des idées ou des solutions. C’est pourquoi les plus grandes idées se trouvent souvent sous la douche ou pendant une belle promenade dans un parc ou en montagne…

3.Noter ses idées

Je viens de vous dire que souvent les meilleures idées apparaissent dans des lieux où vous n’avez pas forcément votre texte, ou bien lorsque vous n’êtes justement pas en phase d’écriture. Cela peut vite devenir problématique si vous oubliez ces formidables idées qui vous serviront certainement un jour. Afin de pallier cela, je vous conseille d’avoir systématiquement de quoi noter sur vous. Un carnet de poche et un stylo, ou bien Evernote sur le portable pour la génération 2.0, tous les moyens sont bons et valides afin de conserver ces épiphanies du quotidien, qui, si elles ne sont pas immortalisées sur papier, seraient vouées à disparaître dans le tourbillon de vos journées bien chargées.

Votre meilleur allié pour vous constituer une réserve d’idées

4. Créez un environnement propice à l’écriture

C’est un conseil qui semble bête, mais qui en réalité est extrêmement puissant. Les humains sont des créatures routinières. Au même titre que les chats, nous aimons notre confort, notre sécurité et savoir où nous allons et donc, nous nous installons sans même le noter dans des routines systématiques. Pour l’écriture, il en va de même. Si vous êtes sérieux à ce propos et que ce n’est pas juste une posture de votre part, il est important de se créer une routine vertueuse autour de l’écriture. Cela passe par un travail régulier et la création d’un environnement propice à l’expression de votre créativité.

Ce sont deux points différents, mais similaires en quelques sortes, donc je les traite en même temps. Choisissez le moment de la journée qui vous convient le mieux pour écrire (tôt le matin, tard le soir, une autre plage horaire qui vous sied encore mieux…) et tenez-vous à un rythme régulier de séances d’écriture dans ce créneau-là. Pour progresser, l’écriture n’échappe pas à la règle qui vaut pour toute autre discipline : il faut s’entraîner régulièrement et sans cesse !

De même, créez-vous un rituel propice qui vous fait facilement entrer dans le monde de vos écrits. Cela peut être un bureau bien rangé, accompagné d’une tasse de thé (ou un verre de vin comme vous préférez), ou d’une chambre avec une vue dégagée… Vous pouvez agrémenter le tout d’un peu de musique classique par exemple (c’est ce que je fais lorsque j’écris des œuvres longues). La musique classique contribue en plus à augmenter la concentration.

Je vous conseille également de vous isoler pendant que vous écrivez. Coupez les distractions telles que Facebook, vos emails et tout ce qui pourrait vous faire émerger de votre bulle créatrice.

En ayant l’habitude d’écrire régulièrement dans un environnement favorable, votre esprit sera concentré et capable de produire la plupart du temps. Vous vous donnez ainsi toutes les chances d’éviter la panne sèche.

5. N’attendez pas que l’inspiration vienne à vous

J’entends cela très souvent. J’attends que l’inspiration vienne… L’inspiration ne vient pas… Si vous raisonnez comme cela, c’est que vous avez encore beaucoup de croyances limitantes qui vous empêchent d’exprimer votre plein potentiel en écriture. Un seul mot d’ordre. L’écriture, c’est avant tout du travail. Il faut donc faire des efforts, et comme indiqué dans le point précédent, il faut fournir du travail régulier pour progresser dans le domaine. Ecrivez tous les jours. Forcez-vous à écrire même si vous ne vous sentez pas inspiré. Si nécessaire, vous pouvez écrire des choses au hasard au début de votre session d’écriture. A la manière d’un starter pour une voiture, cela vous permet de vous échauffer. Vous verrez qu’ensuite, une fois dans le bain, il sera plus facile d’écrire ce que vous espériez coucher sur le papier au cours de cette séance. Vous verrez qu’au bout d’un certain temps, vous aurez toujours quelque chose à écrire d’intéressant. Vous ne serez plus là à attendre qu’une belle muse daigne se pencher vers vous pour vous susurrer de magnifiques phrases à l’oreille. L’inspiration vient en écrivant.

Créez-vous un environnement propice et écrivez régulièrement

6. Ne bloquez pas sur une phrase

Les écrivains et les auteurs (appelez les comme vous voulez) ont souvent tendance à être perfectionnistes. C’est compréhensible et je ne leur jette la pierre car je suis moi-même souvent en proie aux démons de la perfection. Cependant, pour qui veut écrire sérieusement un livre, cela peut devenir très vite un obstacle. En effet, il est tentant de vouloir écrire la meilleure phrase possible avec la meilleure tournure possible. Idéalement, c’est qu’il faudrait. Mais la perfection n’existe pas. En plus, cela a tendance à s’étendre rapidement. D’une phrase parfaite, on veut atteindre le paragraphe parfait puis le chapitre parfait.

Ceci est source de frustration et de blocage. Ne vous arrêtez pas trop longtemps sur une phrase. Elle risque de vous bloquer ainsi que votre énergie productive du moment. Au lieu de cela, si la phrase ne vous convient pas totalement, surlignez-la, mettez-la de côté et passez à la suite. Vous aurez tout le loisir d’y revenir lorsque votre premier jet sera achevé et qu’il vous faudra procéder à la réécriture.

Ne laissez jamais une simple phrase bloquer la complétion de votre manuscrit. Le temps que vous y perdriez risque de tendre vers l’infini et à l’inverse votre énergie positive et votre motivation risquent de tendre vers zéro.

7. Lisez

Ecrire, c’est bien. Mais nos idées, nos inspirations et tout ce qui fait notre univers d’écrivain est produit par nos connaissances. On ne crée jamais à partir de rien. Soyez-en conscient. Par contre, il est tout à fait possible de produire des histoires originales à partir de tout ce patchwork de connaissances stockées à l’intérieur de nos esprits.

C’est pourquoi, lorsque vous sentez que vous êtes bloqué dans votre travail, je vous conseille de lire d’autres auteurs. Sur le même thème ou pas que ce que vous faîtes, cela importe peu. Cela a deux fonctions majeures. D’une part votre esprit s’évade et votre subconscient est libre de travailler dans l’ombre sur votre problème d’inspiration. D’autre part, lire vous permettra souvent de faire des associations d’idées et de penser à des choses auxquelles vous n’auriez jamais pensé sans cette lecture. Cela peut être une idée scénaristique, une simple tournure de phrase ou une expression qui vous parle et vous inspire. Qui vous inspire ?  Ça alors ! Auriez-vous surmonté votre syndrome de la page blanche ?

Voilà, j’espère que ces conseils vous seront utiles en cas de panne. Et vous, avez-vous déjà été confronté à la page blanche ? Si oui, comment l’avez-vous outrepassé ? Faites-m’en part dans les commentaires.

En vous souhaitant réussite et succès dans vos écrits,

Malik Kahli.

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4 Comments

  • Guy QUILLET

    16 août 2020

    Merci. Le manque d’inspiration pétrifie ! On le voit souvent dans le cadre des ateliers d’écriture. Passer outre, commencer à écrire n’importe quoi permet de retrouver une source d’inspiration tout d’abord quelconque, puis celle attendue. Cordialement.
    Guy Quillet

    Reply
    • Malik Kahli

      16 août 2020

      En effet Guy, je suis complètement d’accord. Il faut passer outre et écrire sans s’autocensurer.

      Reply
  • Sorelle

    27 août 2020

    Merci Malik
    Je vais prendre grand soin d’appliquer tes conseils,
    Le fait de noter ses idées à l’avance m’aide beaucoup dans l’écriture. Sans stratégie ni brouillon je suis scomplètement sans inspiration.
    J’ai une grande préférence pour la lecture. Mais quand je m’y mets je ne peux plus m’arrêter pour aller écrire. 🙂
    J’aime trop lire, surtout mes romans Préférés.
    A bientôt.

    Reply
    • Malik Kahli

      27 août 2020

      Avec plaisir! Moi aussi je construis et planifie mes histoires. C’est bien plus efficace je trouve.

      Reply

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