Comment j’ai perdu mon premier roman et comment vous pouvez l’éviter

Bonjour,

Lorsqu’on se lance dans l’écriture d’un roman, on sait qu’on entre dans un travail ardu et fastidieux. Cela demande beaucoup de temps et d’investissement. Alors imaginez ce que l’on peut ressentir lorsque l’on perd tout à coup tout ce travail accumulé au fil des mois. Cela m’est arrivé pour mon premier roman et je peux vous dire que ça m’a bien démoralisé sur le coup.

Aujourd’hui, je vais vous raconter la genèse de ce premier roman et je vais vous dire également toutes les précautions que je prends désormais afin que cela n’arrive plus et donc faire en sorte, à travers ce témoignage, que cela ne vous arrive jamais à vous non plus.

Mes premiers pas de romancier

Lorsque que je me suis mis sérieusement à écrire mon tout premier roman, j’étais encore chercheur en biologie à Paris, à l’Ecole Normale Supérieure. J’avais beaucoup de travail et j’étais assez pris par mes travaux de recherche. Néanmoins, je voulais tenter d’écrire un premier roman. Je notais mes idées sur un carnet, j’imaginais la vie des badauds que je croisais dans le métro, je visitais des lieux en essayant de me représenter des scènes fictives qui pourraient y avoir lieu. Je notais tout, mais je n’arrivais pas encore à former une histoire originale et intéressante dans mon esprit. J’ai laissé mon cerveau travailler en arrière plan, tout en continuant d’être attentif à ce qui m’entourait et en réfléchissant le plus souvent possible à ce que ce roman pourrait être.

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De l’idée à l’écriture

Un été, après avoir pris quelques jours de vacances dans le sud de la France, je suis rentré sur Paris pour reprendre le travail. A mon retour, en repensant à quel pourrait être l’idée principale de ce livre, une ampoule s’est soudain mise à scintiller dans mon cerveau. J’avais connecté tous les fils, brutalement, afin que cette idée lumineuse puisse jaillir du fin fond de mon esprit.

J’étais tout à coup extrêmement excité et motivé. Malgré la fatigue, je pris le temps de noter toute l’histoire qui venait de se présenter à moi. De peur de tout oublier, je notai scrupuleusement chaque idée, chaque bout de dialogue, chaque plan et chaque écueil qui allaient composer la trame de ce futur ouvrage. Cela me pris toute la soirée.

Les jours suivants, je pris le temps de construire un plan avec les idées directrices qui allaient emmener l’histoire de sa situation initiale, jusqu’à la fin.

Fort de ce plan et du gros de l’histoire en tête, j’entrepris d’écrire le premier jet.

A cette époque, je n’avais pas encore toute la méthode et la discipline dont je fais preuve maintenant lorsque j’écris une histoire. Je l’écrivais donc quand j’avais le temps, sans être vraiment régulier. Parfois je n’écrivais pas de plusieurs jours, parfois je mettais de gros coups de colliers lorsque j’avais un peu plus de temps.

Comme j’aime le dire, j’écrivais à ce moment-là en dilettante. Pas d’objectif précis, un plan très sommaire, une écriture dans le désordre au risque de provoquer des incohérences et un rythme très irrégulier.

Au bout d’environ un an, j’avais écrit environ la moitié de l’histoire. C’est un livre qui aujourd’hui fait 1 million et demi de signes (ce qui est très long pour un roman) et donc, cette moitié équivaudrait à la taille d’un roman normal. J’étais très fier de ces passages déjà écrits. Je sauvegardais donc régulièrement mon travail au format Word. J’avais même plusieurs copies, sauvegardées à différents moments afin de garder des traces de mes modifications. Toutes sauvées en Word, sur mon ordinateur portable.

L’évènement qui changea mon destin d’auteur

Arrivé de nouveau en été, je suis parti en vacances dans le sud à nouveau. Mon ordinateur portable sous le bras afin de poursuivre un peu mon œuvre qui prenait déjà bien forme.

Le séjour était plutôt agréable et tout se passait bien. Cependant, la veille de mon départ, je me suis fait dérober mon ordinateur. Pas seulement ça, un téléphone, un appareil photo, mon billet de train, les clés de mon appartement à Paris… La liste est plutôt longue.

Mais ce qui m’a le plus attristé, ce n’était pas la perte d’un Mac Book Pro neuf à 1500 euros. C’était les données que cet ordinateur renfermait. Outre les photos, les souvenirs et bien d’autres fichiers, il y avait une année entière de travail à rédiger mon premier roman.

Je n’avais pas eu le bon sens de sauvegarder mon travail sur différents supports et donc avec la perte de mon Mac, j’avais perdu toute trace de mon roman.

J’étais vraiment dégoûté, attristé et frustré d’avoir perdu un an de travail aussi bêtement.

A ce stade, deux solutions s’offraient à moi : abandonner l’idée d’écrire des romans ou bien reprendre entièrement de celui-ci.

Abandonner aurait pu être facile. J’aurais pu prendre cela comme un signe du destin me disant de laisser tomber l’écriture.

J’ai opté pour la seconde solution. Mais cette fois, j’ai pris une résolution ferme. J’allais écrire tous les jours et aller au bout de cette œuvre.

Enfer et frustration, lorsqu’il faut repartir de zéro !

Le travail paie toujours

La frustration était telle, que je devins un bourreau de travail. Il ne me fallut que deux mois pour réécrire tout ce que j’avais perdu. Cela ne s’est pas fait sans mal. Je ne suis pas parvenu à retrouver complètement le style, les tournures de phrases, les métaphores et nombre de détails dont j’étais si fier sur ma première ébauche de manuscrit. En effet, il était difficile, voire impossible de récréer à l’identique tout ce que j’avais écrit en l’espace d’une année entière. Malgré cela, j’ai tout repris et je l’ai retravaillé jusqu’à en faire une histoire qui me satisfasse.

En moins de six mois, j’avais achevé mon manuscrit.

Si ça se trouve, si cet incident ne m’étais pas arrivé, j’aurais fini par abandonner l’écriture de ce roman (au vu du temps qu’il m’avait fallu pour en écrire la moitié la première fois). Ou alors, je serais peut-être encore en train de l’écrire aujourd’hui. Le blog que vous lisez n’aurait peut-être pas vu le jour et je n’aurais jamais publié de livres. Quand je regarde en arrière, j’aime à penser que cette mésaventure représentait une chance pour moi de me pousser dans mes derniers retranchements et d’afficher clairement ma détermination à écrire sérieusement.

Par ailleurs, ce premier roman n’est toujours pas publié. Il est corrigé, réécrit et prêt à être soumis pour publication depuis fort longtemps déjà. Peut-être est-ce le bon moment pour préparer sa sortie ? Je ne sais pas si c’est parce que j’y ai un attachement si particulier que je retarde sa publication. Mais en écrivant ces lignes, je me dis qu’il est temps que cette œuvre qui m’a lancé sérieusement dans le monde de l’écriture soit partagée à un plus large public.

Je vous présente tous vos sauveurs potentiels d’un désastre annoncé…

Comment se prémunir de ce genre de mésaventure

Suite à cette aventure, j’ai changé drastiquement ma manière de sauvegarder mes sessions d’écriture. Je sauvegardais sur Word, un fichier différent par jour et je me l’envoyais systématiquement par mail pour en conserver une trace dématérialisée. Je sauvegardais régulièrement sur clé USB, je copiais les fichiers sur l’ordinateur du boulot et sur un disque dur externe également. Je le fais toujours par ailleurs.

Depuis, je n’ai presque plus jamais eu de soucis de perte de données. En tout cas, je n’ai jamais plus perdu de roman en cours d’écriture !

Et vous, comment vous assurez-vous de ne pas perdre votre travail ? Une histoire similaire vous est-elle déjà arrivée ? Faites-m’en part dans les commentaires.

 

En vous souhaitant réussite et succès dans vos écrits,

Malik Kahli.

 

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3 Comments

  • elisabeth charier

    13 septembre 2020

    bonjour, mon travail est automatiquement sauvegardé sur hubic. en cas de perte, je n’ai qu’à aller sur leur site pour récupérer mes fichiers
    bon dimanche

    Reply
    • Malik Kahli

      16 septembre 2020

      Très bonne initiative! Cela évite en effet de mauvaises surprises.

      Reply

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