Éditeur traditionnel ou auto-édition? (partie 1)

kindle auto-édition

Bonjour à tous,

 

Quand on écrit un roman, on le fait pour différentes raisons. Mais on ne va pas se leurrer, à la fin, l’objectif est d’être lu.

Après des mois, voire des années d’acharnement, vous avez enfin accouché de votre chef-d’œuvre. Vous vous estimez prêt à faire partager votre œuvre au monde entier. Secrètement, vous vous prenez à rêver de 4 m sur 3 dans les stations de métro, de cocktails mondains, du fauteuil de Laurent Ruquier et de séances de dédicaces face à une horde de fans en délire contenus avec difficulté par un cordon de sécurité et des gardes du corps.

Avant d’atteindre la consécration, il vous faut mettre votre livre dans toutes les mains des personnes pour qui l’aventure de votre personnage va sonner comme une évidence et changer leur vie à tout jamais.

Frapper à la bonne porte

 

Pour cela, la première chose qui vient à l’esprit est de s’adresser à une maison d’édition classique. Mais est-ce la seule option ? Et, au-delà de ça, est-ce la meilleure option ?

Certes, il y a des avantages certains à passer par la publication sous cette forme. Le Saint Graal pour nombre d’écrivains en devenir !

Mais il existe également l’auto-édition. Celle-ci a explosé ces dernières années, notamment grâce à la force de frappe sans précèdent d’Amazon, leader incontestable et incontesté du marché du livre numérique.

Si cette tendance s’est amplifiée au fil du temps, ce n’est pas sans raison. En effet, là aussi il y a des avantages non négligeables et des inconvénients, comme dans toute chose.

Regardons de plus près ce qu’il y a à gagner et à perdre dans ces deux processus éditoriaux.

Je consacrerai ce premier billet et le suivant à l’édition traditionnelle. Je parlerai en détail de l’auto-édition dans deux autres billets à paraître les semaines suivantes.

 

Petit manuscrit deviendra grand

 

À y regarder de plus près, l’édition « papier » fonctionne un peu sur le modèle jésuite : beaucoup d’appelés, mais très peu d’élus.

Alors que vous avez sué sang et larmes pour achever du mieux possible votre manuscrit, celui-ci s’apprête à vivre une période mouvementée. Il va certainement errer de longs mois, être balloté par le facteur, passer par les mains de secrétaires, de stagiaires, de professeurs de français à la retraite ou d’étudiants payés 20 euros pour rédiger une fiche de lecture.

Souvent, comme les incompris, il sera rejeté sans ménagement. Il reviendra alors tout penaud chez vous, avec des traces de maltraitance à l’occasion et à l’inverse, dans certains cas, il n’aura même pas été touché. Aucune caresse, aucun pli intérieur, rien ! Sinon, il est tout simplement détruit, brûlé ou déchiqueté (la version papier de l’écartèlement). Cruel destin que celui d’un manuscrit rempli de promesse, mais incompris par le ministère amer du bestseller !

Cette étape peut durer des mois, des années, voire ne jamais aboutir. Mis à part vos proches, personne ne pourra entrer en résonnance avec votre œuvre, ce qui serait dommage, j’en conviens.

Il serait dommage de garder une si belle pour soi !
Il serait dommage de garder une si belle histoire pour soi !

Quand petit manuscrit trouve une famille d’accueil

 

Admettons maintenant qu’à force de persévérance, petit manuscrit finisse par éblouir les membres du comité de lecture. On pourrait considérer alors que le plus dur est fait. À vous les prime times et le fauteuil de Ruquier ! Est-ce vraiment le cas ? Hum, voyons voir : des corrections s’imposent. Il faut découper petit manuscrit au bistouri et lui rajouter un peu de collagène par-ci par-là pour le rendre encore plus beau et l’aider a devenir un grand manuscrit. Arrive alors le temps des allers-retours entre vous et l’éditeur. Des suggestions appuyées pour appliquer un lifting et donner une tout autre fraîcheur à petit manuscrit. Cette phase, durant laquelle petit manuscrit sera balloté entre son père et sa nouvelle famille d’accueil peut durer des mois.

Lorsqu’enfin les dernières touches sont appliquées, telle une larve dans son cocon, petit manuscrit va s’émanciper et voler de ses propres ailes. Enfin, il reste tout de même les dernières séances de maquillage et d’habillage avant de se trouver exposé aux projecteurs des milliers de petites et grandes librairies que compte la francophonie. Il faut l’habiller en conséquence et lui dessiner une couverture digne de ce nom, rédiger une quatrième de couverture qui accroche et probablement modifier le nom que vous aviez attribué à votre progéniture (souvent après une très longue période de réflexion, par ailleurs) afin qu’il attire les lecteurs comme un aimant.

Cette fois-ci, tout est prêt. Il n’y a plus qu’à envoyer petit manuscrit se reproduire à des millions d’exemplaires au sein d’une imprimerie afin qu’il inonde tous les étals et qu’il fasse la joie de millions de lecteurs !

Une fois dans les mains des lecteurs devenus fans et des critiques subjugués par cette prose révolutionnaire, petit manuscrit fera enfin son entrée dans la cour des grands !

Belle histoire, non ? Des obstacles, du suspens, des revirements… Tous les ingrédients d’une histoire à part entière. Même si elle est fortement inspirée de faits réels, cette histoire s’apparente plus à de la fiction. J’ai volontairement déformé la réalité par le prisme de cette histoire, mais je vous propose de voir ce qu’il en est réellement dans la vraie, de façon générale. Petit manuscrit peut devenir grand, mais il peut aussi rapidement finir dans l’oubli, tout comme son créateur…

 

J’espère que cette première partie vous a plu. Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour parler plus prosaïquement des inconvénients et avantages (oui, dans cet ordre-là) de l’édition « classique ».

N’hésitez pas à me faire part de vos commentaires et de vos suggestions au bas de cet article.

 

En vous souhaitant réussite et succès dans vos écrits,

 

Malik.

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