Éditeur traditionnel ou auto-édition? (partie 2)

kindle auto-édition

Bonjour à tous,

 

La semaine dernière, je vous racontais l’histoire de petit manuscrit qui, grâce à son auteur et à la sacro-sainte maison d’édition qui a bien voulu croire en lui, était devenu en quelque temps un grand manuscrit que tout le monde s’arrache faisant, par effet de ricochet, la gloire de son créateur. Sortons maintenant de la fiction, pour regarder de plus près ce qui se passe la plupart du temps.

L’acceptation ne garantit pas le succès

 

En réalité, comme il s’agit là de votre premier roman et que vous êtes un parfait inconnu, vous aurez de la chance si le premier tirage dépasse le millier d’exemplaires… Peu de chances donc pour petit manuscrit de devenir grand.

Vous l’aurez compris, le processus éditorial n’est pas de tout repos. Même si le comité de lecture vous sélectionne, vous passerez par des mois de corrections avant que votre ouvrage soit prêt. Vous serez certainement amené à faire des modifications qui vous pinceront le cœur, mais en général, c’est pour le bien de votre ouvrage. Le but de l’éditeur est de s’assurer des ventes. Il est expert dans le domaine et sait ce qui fait vendre ou non. De même, le changement du titre de l’ouvrage est quasi assuré (en sachant que c’est un point clé qui peut faire toute la différence sur les étals des libraires). Vous n’aurez pas non plus le dernier mot sur la couverture ni sur la quatrième de couverture.

Au final, il s’écoule en général au moins un an entre l’acceptation du manuscrit et sa date de publication.

Le premier tirage s’effectuera à quelques centaines ou quelques milliers d’exemplaires au mieux. L’éditeur n’a pas envie de se retrouver avec un stock d’invendus sous les bras, ce qui est compréhensible. Personne ne vous connaît. Rien ne dit que votre livre se hissera en tête des ventes. De plus, la concurrence est féroce. En plus des habitués aux gros tirages, bien placés sur les étals, les prix Goncourt, Renaudot ou Médicis, vous devrez affronter également les autres primo auteurs. Pas facile de se faire une place, surtout à la rentrée littéraire.

Vous devrez assurer votre propre promotion, vous rendre à des séances de dédicaces un peu partout, aller aux salons du livre, essayer d’obtenir des articles dans la presse, à la radio ou à la télévision. Il y a peu de chances que votre éditeur investisse des dizaines de milliers d’euros dans une campagne promotionnelle d’envergure pour vous rendre visible. Vous devrez là encore consacrer votre temps et votre énergie à faire connaître votre ouvrage dès que l’occasion se présentera, ce qui peut vite devenir chronophage.

Fauteuil ONPC ecrivain en devenir
Le plateau de On n’est pas couché! Parviendrez-vous à prendre place sur le mythique fauteuil de l’émission de Laurent Ruquier?

Le jeu en vaut-il la chandelle ?

 

Vous avez passé des mois, voire des années à créer votre histoire et à la mener au bout du processus. Cela représente des centaines et même des milliers d’heures de travail. Vous avez imaginé le succès poindre à l’horizon pour vous tenir motivé. Une fois chez l’éditeur, la réalité vous rattrape. Comme je le disais, le premier tirage sera probablement petit. L’éditeur vous fera signer un contrat ainsi que le bon à tirer pour l’impression. Il faut savoir qu’en termes de rémunération, vous ne toucherez certainement pas des mille et des cents. La fourchette générale des royalties se situe entre 8 et 12 %, souvent en fonction du nombre de ventes effectuées. Par exemple, vous toucherez 8 % sur les mille premiers exemplaires, puis 9 % jusqu’à 5000 et 12 % au-delà des 15 000 exemplaires. Ces chiffres sont fictifs, mais c’est pour vous donner une idée. Vous pourrez demander un à-valoir. Il se peut que vous en obteniez un, mais il ne sera pas très élevé non plus. En sachant que celui-ci représente une avance sur vos royalties, il vous faudra dépasser ce montant en nombre de ventes pour espérer des rémunérations futures. Si tel est le cas, le délai entre les ventes et vos paiements sera d’environ 18 mois au départ. Donc de toute manière vous ne toucherez aucun revenu sur vos ventes (excepté l’à-valoir) pendant toute la durée située entre l’écriture du livre, la prospection des maisons d’édition, la phase de délai d’un an entre l’acceptation du manuscrit et sa publication et les 18 mois de délai pour toucher vos premières royalties s’il y a lieu. En me montrant généreux, je vais arrondir à trois ans.

Il vous faudra attendre trois ans avant de toucher quoi que ce soit ! Pendant ce temps, vous consacrerez de nombreuses heures à écrire, réécrire, prospecter, faire votre promo, vous rendre dans différents lieux et communiquer partout.

Un travail de longue haleine donc, sans aucune garantie.

Bon à ce stade, je vous ai peut-être dégouté des maisons d’édition. Cependant, ces dernières ont aussi leurs avantages.

bateau livre
Seul, menant sa barque pendant des années… Y aura-t-il un phare à l’horizon pour éclairer votre parcours?

L’aura de l’écrivain

 

Dès l’acceptation, vous êtes pris en charge. Vous n’êtes plus seul. Les corrections suggérées peuvent améliorer grandement votre récit. De plus, cela vous permettra d’apprendre et de connaître les rouages de l’édition et d’être plus à même de fournir des textes de plus en plus fins et adaptés à votre cœur de cible. Vous vous améliorerez considérablement grâce à l’aide d’un éditeur.

Autre gros point positif : la machine de guerre qui se met en branle pour votre manuscrit. La couverture est dessinée par des professionnels, votre texte est scruté à plusieurs reprises pour ne laisser échapper aucune coquille et le tirage est réalisé de manière professionnelle. Cerise sur le gâteau, l’éditeur prend en charge tous les frais. C’est lui qui prend tous les risques financiers. Vous n’aurez absolument rien à débourser.

Enfin, l’édition papier reste empreinte d’une grande aura. Vous pourrez enfin vous proclamer écrivain et carillonner à qui veut l’entendre l’adresse des librairies où l’on peut vous lire ! À cela s’accompagne la gratification d’avoir passé ce rude processus de sélection. Si un jour vous écrivez un bestseller, le prestige et la reconnaissance deviendront vos meilleurs amis et ne vous quitteront plus !

Vous toucherez des royalties, ce qui fait que vous n’avez pas besoin de vous déclarer en tant qu’autoentrepreneur ou en société pour toucher légalement votre rémunération. De plus, ce statut est très avantageux et vous permet d’être moins taxé par l’État au niveau de vos impôts sur le revenu.

Comme je le disais, des avantages et des inconvénients avec la publication désormais qualifiée de « classique ».

Un nouveau mode de publication prend de plus en plus de terrain depuis quelques années avec l’arrivée du Kindle d’Amazon. Depuis, d’autres plateformes d’auto-édition ont vu le jour et fleurissent un peu partout. Ce marché connaît actuellement une croissance à deux chiffres et concurrence sérieusement le livre papier.

Je vous ferai part des avantages et inconvénients du modèle dans le billet qui suivra la semaine prochaine.

Et vous, pensez-vous que l’édition « classique » est toujours la panacée ? Laissez-moi vos avis dans les commentaires !

 

En vous souhaitant réussite et succès dans vos écrits,

 

Malik.

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2 Comments

  • Ismail

    21 décembre 2016

    Félicitations pour toutes ces bonnes idées.
    Je vous souhaite de réussir dans votre parcours d’écrivain en devenir.

    Reply
    • Malik Kahli

      21 décembre 2016

      Merci beaucoup !

      Reply

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