Les 5 éléments indispensables pour donner de la profondeur à un récit

 

Le sens du toucher

Bonjour à tous,

Dans la vie quotidienne, nous faisons appel à nos cinq sens en permanence sans nous en rendre compte. Nous sommes tellement habitués à voir, à entendre, à sentir, à toucher, et à gouter que l’on prend cela pour acquis. Il n’y a qu’en perdant définitivement l’un d’entre eux hélas, que l’on mesure à quel point ces sens sont précieux.

Le cerveau lui-même fait en sorte que vous les oubliez. En effet, il a tellement d’informations à traiter à tout instant qu’il soulage tant qu’il peut la conscience par tout un tas de subterfuges plus ou moins élaborés.

Avez déjà remarqué que lorsque vous entrez dans une pièce, vous notez l’odeur qui l’emplit ? Si vous y restez plus de quelques instants, cette odeur s’estompe et disparaît. Si vous ressortez quelques secondes et que vous entrez à nouveau, vous ressentez alors que l’odeur n’a absolument pas disparu et qu’elle est aussi proéminente que la première fois.

De même, vous ne ressentez pas vos vêtements sur vous. Ou encore, si vous posez votre main quelque part, au bout d’un moment, si vous restez immobile, vous ne ressentirez plus ce que vous touchez, vous devrez bouger votre main pour que de nouvelles informations soient signalées à votre conscience.

On considère généralement ces cinq sens et un sixième qui s’apparenterait à l’intuition. En réalité, il y en a beaucoup plus que cela, mais les autres ne sont pas franchement apparents et concernent de nombreux processus internes.

Bien que nous partagions tous ces cinq sens, nous ne les utilisons pas de la même façon et nous n’y sommes pas tous sensibles de la même manière.

Après ce rapide cours de biologie de comptoir, je vais enfin en revenir à l’écriture.

Selon les individus, la lecture d’un livre est complètement différente. C’est une chose assez incroyable et magnifique en même temps, surtout du point de vue d’un auteur. Vous écrivez une histoire, vous la visualisez, vous la ressentez, vous la vivez et vous essayez de la retranscrire via des mots pour la partager à un maximum de monde. L’idée passe de votre subconscient à votre conscience qui ensuite la traduit et vos mains agissent comme un vecteur pour figer l’idée que vous vouiez transmettre. C’est en partie ce processus qui rend difficile l’écriture. Les mots ne suffisent pas toujours à décrire précisément l’idée ou alors ce ne sont pas les mots les plus adéquats du point de vue de leur auteur.

Mais il y a encore autre chose à prendre en compte.

Une fois le roman écrit, tous les lecteurs vont lire les mêmes mots, dans la même séquence, mais ceux-ci doivent aussi cheminer depuis la page jusqu’à la conscience puis à l’inconscient de chaque individu. Ainsi, le message qui sera reçu sera certainement légèrement différent de celui qui a été transmis à l’origine.

En fonction des individus et de leur propension à se servir du visuel, du toucher, ou de l’ouïe ou autre, le texte mis à disposition résonnera d’une manière différente. Une personne qui focalise plus sur l’odorat par exemple, sera beaucoup plus sensible aux descriptions qui font appel à ce sens. Les gens portés sur le visuel s’imagineront les scènes dans leur tête et aimeront les descriptions qui fourmillent de détails…

Enfin vous avez saisi l’idée quoi.

Voilà pourquoi il est bien de prêter vraiment attention aux descriptions dans vos récits. Selon moi, il est bien d’inclure des éléments faisant appel aux cinq sens dans les paragraphes descriptifs. Vous n’êtes pas obligés d’impliquer les cinq à chaque fois, mais en inclure deux ou trois me paraît vraiment raisonnable.

Même en le sachant, il est parfois difficile de penser à les inclure et à les varier. Cela est dû certainement au fait que l’écrivain lui-même est biaisé par ce à quoi il est le plus sensible.

En ce qui me concerne, quand je lis, je ne visualise pas forcément les scènes, mais je vois défiler les mots. Je suis sensible au texte. Quand j’écoute une chanson, je vois les paroles défiler dans ma tête. C’est marrant d’ailleurs. Mais bon, du coup, j’aime en fait me focaliser sur les tournures de mes phrases et ne pas trop m’attarder sur le descriptif à outrance. J’en use avec parcimonie et je ne le fais pas partout. Mais comme tout écrivain, j’essaie de m’améliorer sur cet aspect-là, notamment en vous partageant dans ce billet cette petite analyse pseudo scientifique d’un chercheur en biologie qui écrit des romans…

Un exemple du genre selon moi est donné dans le livre « le parfum ».

L’action se passe majoritairement à Paris au temps des rois et consorts. Le livre raconte l’histoire d’un jeune garçon pauvre au nez exceptionnel. Je ne vous spoilerai pas cet excellent ouvrage que je vous recommande pour ses descriptions incroyablement recherchées. Sachez juste que le sous-titre est « l’histoire d’un meurtrier ». Il y a très peu de dialogues (quasi pas en réalité), mais je trouve ça vraiment agréable.

 

Pour finir, j’ajouterai juste que les sens sont le véhicule des émotions. Ainsi, les descriptions faisant appel à eux auront un impact sur le lecteur en lui transmettant certaines émotions conscientes ou pas par ailleurs. Cela donnera plus de profondeur au récit du fait de la resonnance unique que chaque lecteur trouvera à travers la lecture de ces lignes.

 

Et vous, comment écrivez-vous vos descriptions ? Pensez-vous à vous servir des cinq sens pour donner plus de profondeur à votre récit ?

Venez me dire tout ça dans les commentaires !

 

En vous souhaitant réussite et succès dans vos écrits,

 

Malik.

Ps : Si vous souhaitez vous procurer le livre « Le parfum », vous trouverez des exemplaires neuf et d’occasion ici:

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2 Comments

  • Therese

    29 juin 2016

    A mon humble avis, on le fait toujours, et par intuition, sans même y réfléchir. Comment décrire un lieu sans parler de ce qu’on voit, entend ou sent? Comment parler de ce qu’on mange sans en décrire le goût et l’aspect? Comment parler d’amour sans faire intervenir le toucher et la vue? C’est cela qui tiendrait de l’exploit.
    Je ne crois pas qu’il faille inclure artificiellement des élements (sensations) supplémentaires s’ils n’ont pas de raison d’être dans mon texte. Je peux parler d’une forêt en disant ce que je vois et ce que j’entends, mais je ne vais pas caresser les arbres et manger des buissons pour y ajouter ces deux sens, au cas où certains lecteurs seraient plus portés sur le goût et le toucher .
    Bonne chance pour ton roman 🙂

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    • Malik Kahli

      30 juin 2016

      Merci pour ton commentaire. Bien entendu, on s’en sert dans les descriptions.Et je ne dis pas non plus qu’il faille systématiquement utiliser les 5 sens dans toutes les scènes descriptives. Je dis juste qu’on a nos propres façons de voir les choses et que l’on utilise pas forcément tous les sens dans un récit au complet. Je maintiens qu’il peut être intéressant de penser à les varier. Ne pas faire que des descriptions visuelles par exemple. Et bien entendu, il ne faut pas que ce soit artificiel. L’intérêt c’est d’enrichir le texte pas de le faire sonner faux.
      Merci en tout cas pour tes encouragements et ton commentaire.

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