L’importance de la créativité dans le métier d’écrivain

Ecrire pour se libérer

Bonjour à tous,

Comme j’aime souvent le dire, il y a de la richesse dans la diversité. C’est pourquoi l’article du jour est un peu spécial. En effet, il fait partie d’un carnaval d’article organisé par Céline Dulac du blog La musique et vous.

Un carnaval d’article regroupe plusieurs blogueurs autour d’un même sujet. Chacun écrit un article et le publie sur son blog. Céline a réuni tous les articles sous forme d’extraits sur son blog, ce qui vous permet de découvrir également d’autres blogueurs aux thématiques et aux sensibilités différentes traitant chacun à leur manière du sujet en question. Vous trouver cette collection en visitant ce lien :  http://la-musique-et-vous.com/creativite/

Nous nous sommes réunis autour de la créativité. Vaste domaine, me direz-vous ! Comme vous vous en doutez certainement, j’ai choisi d’évoquer ce thème à la fois sous un angle scientifique (mon métier) et bien entendu, sous l’angle de l’écriture.

La Créativité est-elle innée ?

Dans de très nombreux domaines, la créativité joue un rôle majeur. Auparavant l’apanage des artistes, elle devient de plus en plus indispensable dans tous les domaines de la vie dans notre société.

La créativité peut revêtir 3 aspects majeurs :

  • La capacité de créer de nouvelles choses à partir de rien
  • Le pouvoir de proposer des solutions originales a un problème existant
  • Le désir de façonner son propre univers et de changer le monde

La créativité est un processus complexe. Autrefois, on se contentait de séparer les capacités cognitives selon les deux hémisphères du cerveau. Le cerveau droit est généralement considéré comme le centre des émotions et celui abritant la créativité, tandis que le cerveau gauche abriterait la raison et l’analyse. Cependant, la réalité est bien entendu bien plus complexe. Les réseaux neuronaux ne restent pas cantonnés à quelques régions du cerveau. En réalité, la totalité de l’esprit humain fonctionne de concert avec des zones actives dans les deux hémisphères en même temps.

Bien que de nombreux progrès continuent d’être faits dans les neurosciences, il est encore difficile de comprendre exactement comment la créativité et l’imagination fonctionnent.

Certains pensent que la créativité est innée, d’autres pensent qu’elle s’acquiert. Comme souvent, la réalité est un savant mélange des deux.

Bien que la science n’ait pas encore percé tous ces mystères, il existe tout de même des traits communs aux créatifs et des moyens connus de développer l’imagination.

 

La créativité est présente dans tous les domaines de la vie

Dans la vie, je suis chercheur en biologie actuellement en poste à l’Université de New York. Ce travail requiert de penser au-delà de ce qui est connu et de développer constamment des techniques ou des expériences pour répondre à des questions que l’on se pose sur le fonctionnement du vivant.

Je nourris également une passion pour l’écriture, comme en témoignent mon blog Ecrivain en devenir et mon livre destiné aux auteurs « Devenir écrivain » qui vient de sortir sur Amazon. Ce métier implique de partir d’une feuille blanche et de la remplir avec des idées qui, une fois bien agencées, deviendront un roman cohérent ou un essai pertinent.

Enfin, je suis aussi peintre à mes heures perdues. Cela nécessite de partir d’une toile blanche et de la transformer en un tableau qui transpire des émotions et un état d’esprit.

Tous ces domaines apparemment totalement déconnectés ont pourtant un point commun : ils requièrent tous de faire preuve d’imagination et de créativité pour être exercés.

Devenir écrivain, tout juste publié !
Devenir écrivain, tout juste publié !

Les secrets de la créativité

Je ne pense pas être né avec une imagination débordante. Par contre, je sais que pour être créatif, il faut à la base nourrir son esprit avec de la matière brute. Des souvenirs, des sensations, des connaissances, des expériences… Ensuite seulement, lorsqu’il y a de la matière et que les connaissances de base sont maîtrisées, il devient possible de passer outre les conventions et faire preuve d’ingéniosité pour transformer des choses conventionnelles et les élever à l’état d’art.

Il  est fréquent que le créatif possède une personnalité complexe remplie de paradoxes. Il voit le monde de manière décalée par rapport à ses semblables.

Il aime rêvasser, observer et analyser ce qui l’entoure, il s’exprime à travers sa passion et en perd la notion du temps. Il affectionne également les moments de solitude. Les horaires fixes ne sont pas son fort. Il peut tout aussi bien créer tôt le matin, que tard dans la nuit, peu importe pour lui. L’important c’est cette volonté de créer qui l’habite. Le créatif sait que pour réussir, il doit d’abord échouer… souvent. Il tente de nouvelles expériences, il prend des risques, fait des essais et apprend de ses erreurs.

Et la lumière fut!
Et la lumière fut!

La créativité chez l’écrivain

Souvent, l’écrivain est perçu comme un artiste torturé qui, grâce à ses douleurs passées et à sa folie latente, donne naissance à des œuvres d’art. Cela reste un cliché, mais il repose sur des bases qui ne sont pas infondées.

Certains écrivains sont convaincus que la souffrance est nécessaire pour produire un résultat convaincant. Nourris inconsciemment par ces clichés de l’écrivain torturé, ils agissent en tant que tel et s’autoflagellent parfois devant leur page blanche, persuadés qu’il faut en passer par-là pour écrire un chef-d’œuvre.

Il y a des personnes qui écrivent de cette manière et à qui cela convient. Ils attendent l’arrivée de leur muse pour produire et le font au gré de leur inspiration.

Seulement, cela peut effectivement fonctionner pour un petit nombre chez qui la part de créativité innée est débordante, mais pas chez les autres.

La bonne nouvelle, comme je le disais est qu’il y a une part d’inné dans la créativité, mais aussi une grande part d’acquis qui passe, comme pour tout, par la répétition et l’apprentissage. Avant de briser les règles, il faut les comprendre et les maîtriser.

Pour être un écrivain créatif, selon moi, il est indispensable de comprendre les codes qui régissent la structure d’un livre (que ce soit pour un roman ou un essai).

Pour les romans par exemple, il existe une trame utilisée depuis l’antiquité qui consiste en 3 actes majeurs :

Un premier acte qui décrit la situation initiale puis l’évènement qui va transformer cette situation. Un deuxième acte (le plus long) qui sera une succession d’essais et d’échecs pour les personnages. Un troisième et dernier acte où le suspense est à son comble avec une scène finale les enjeux sont immenses pour les personnages et conduit au point culminant de l’histoire. Il se termine par un retour au calme dans une situation différente de celle qu’elle était au départ.

Cette trame est utilisée dans de nombreux récits (et films). Il est primordial de maîtriser cette structure. Si les éléments sont mal positionnés, le lecteur sentira inconsciemment que l’histoire est bancale et ne l’appréciera pas. Bien entendu, cette structure n’est pas figée et peut être complexifiée et manipulée à loisir. Mais avant de pouvoir jouer avec et créer des trames plus complexes ou inattendues, elle doit être parfaitement maîtrisée.

Cela passe par la lecture de nombreuses œuvres, l’analyse de films et séries télévisées, etc…

La structure Aristotélicienne du récit
La structure Aristotélicienne du récit

 

En ce qui concerne la créativité pure en écriture, l’auteur se nourrit de tout ce qui l’entoure. Il se sert de son environnement, il observe la nature, son entourage, les inconnus et tout ce qui peut l’aider à connecter les idées entre elles pour en créer de nouvelles.

Il collectionne les idées et s’en inspire pour trouver ses propres histoires. Il se sert également de son vécu et de ses expériences, qu’il romance ensuite et qu’il mélange à d’autres idées, d’autres personnages pour créer une œuvre unique et originale de par sa narration. On crée toujours à partir de quelque chose.

À force d’essais et d’erreurs, l’écrivain s’améliore constamment.

Plus il crée, plus il est créatif.

Mais il ne faut pas se leurrer cependant. La créativité n’est qu’une partie du travail. Le plus difficile est ensuite de donner vie à ses idées et cela demande du travail, de la patience, de la rigueur et de la discipline.

C’est là que toute la différence se fait.

Un créatif qui a deux mille idées à la minute, mais qui n’en met aucune en pratique créera beaucoup moins qu’une personne avec une seule grande idée qu’il mènera à son achèvement.

 

Avant d’écrire mon premier roman « Tu peux la sauver », j’ai d’abord commencé par de petits textes et des poèmes. Ensuite je me suis entraîné sur des essais. J’ai lu des dizaines de romans et regardé des centaines de films pour analyser leurs trames. J’ai ensuite trouvé l’idée du livre et j’ai crée un plan détaillé de celui-ci. J’ai alors écrit le premier jet d’un trait, sans regarder en arrière. Une fois achevé, je suis passé à un phase de réécriture et corrections avant de le soumettre.

Créativité, patience, rigueur et motivation ont donné naissance à ce roman
Créativité, patience, rigueur et motivation ont donné naissance à ce roman

 

Les idées ne sont qu’une partie de l’équation. La préparation et le travail sont indissociables de la créativité.

Je pourrai m’étendre très longuement sur le sujet, mais je ne vais pas vous submerger.

 

La créativité est vitale dans ce monde. Certains ont des facilités, mais elle est à la portée de tous. La phase de création d’idées est la plus excitante, mais pour donner corps à quelque chose quel que soit le domaine considère, elle doit être immanquablement suivi d’un travail constant qui s’accompagne de qualités telles que patience, rigueur et discipline. Avant de briser les règles, il est nécessaire de toutes les connaître et les maîtriser. C’est seulement à ce moment que l’artiste transcendera sa création et l’élèvera au rang de grand art.

 

En vous souhaitant réussite et succès dans vos créations,

 

Malik Kahli du blog ecrivain-en-devenir.com

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