Pourquoi l’incipit est la partie la plus importante de votre roman

Livre journal intime

L’incipit ? Quèsaco ? Quel est ce terme barbare qu’il me balance, me direz-vous ?

Il s’agit pourtant d’un élément clé d’une histoire publiable et percutante.

C’est justement pour cela que j’ai choisi de consacrer un billet cette semaine à ce terme pas forcément connu de tous.

En latin, incipit pourrait tout simplement se traduire par commencer ou débuter. Alors, avec ce monumental indice, vous avez sans doute compris de quoi il s’agit désormais. Eh oui, l’incipit désigne tout simplement le début d’un ouvrage. L’entrée en matière, l’ouverture d’un roman.

Je me suis dit que ce serait pas mal de commencer par le commencement 😉

Si on en fait tout un plat, ce n’est pas pour rien. En effet, un bon incipit est essentiel pour qui veut un jour avoir un lectorat conquis par sa prose. Ceci pour plusieurs raisons :

L’incipit est la première chose que lira votre lecteur (à moins qu’il ne soit un adepte du théorème de la page 99… je vous en parlerai bientôt). C’est donc sur ces quelques premières lignes qu’il va se faire une idée de votre histoire. C’est un facteur important quand on connaît la jungle des œuvres littéraires. Votre lecteur aura très peu de temps et d’éléments pour se faire une idée de votre œuvre. Il se servira du titre, de la quatrième de couverture et de votre incipit !

Avant votre lecteur, les comités de lecture des maisons d’édition procèderont exactement de la même manière. Voyant passer des dizaines de manuscrits tous les jours, je peux vous assurer qu’ils ne vous louperont pas dessus ! La plupart du temps, ils n’iront même jamais au-delà.

 

Comment rédiger un bon incipit ?

 

Il n’y a pas de vraie réponse à cette question, juste des possibilités et des pistes à explorer.

Par exemple, l’incipit le plus célèbre du monde est très certainement : il était une fois.

Basique, simple, efficace. En voyant cela, on sait immédiatement que l’ont va s’embarquer dans une histoire de fiction ou dans un conte, ou encore dans une rencontre, une romance, une guerre dans une galaxie lointaine, très lointaine… 😉

Bref, c’est efficace pour ensuite poser brièvement le contexte.

Un autre incipit très connu est celui de L’étranger, d’Albert Camus :

Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un télégramme de l’asile : « Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués. » Cela ne veut rien dire. C’était peut être hier.

L’asile de vieillards est à Marengo, à quatre-vingts kilomètres d’Alger. Je prendrai l’autobus à deux heures et j’arriverai dans l’après-midi. Ainsi, je pourrai veiller et je rentrerai demain soir. J’ai demandé deux jours de congé à mon patron et il ne pouvait pas me les refuser avec une excuse pareille. Mais il n’avait pas l’air content. Je lui ai même dit : « Ce n’est pas de ma faute. » Il n’a pas répondu. J’ai pensé alors que je n’aurais pas dû lui dire cela. En somme, je n’avais pas à m’excuser. C’était plutôt à lui de me présenter ses condoléances. Mais il le fera sans doute après-demain, quand il me verra en deuil. Pour le moment, c’est un peu comme si maman n’était pas morte. Après l’enterrement, au contraire, ce sera une affaire classée et tout aura revêtu une allure plus officielle.

Bon, voilà. En quelques phrases, il a su piquer la curiosité du lecteur. Quel genre de personnage pourrait se prononcer ainsi sur le décès d’un membre de sa famille ? Pourquoi agit-il comme ça ? Qu’est-ce qui, dans sa vie et son passé, a forgé une telle personnalité étrange ? On veut savoir et l’on veut connaître la suite.

De plus, il place rapidement le contexte. On sait que l’action que se passe à Alger, que le narrateur, simple employé, s’apprête à vivre un deuil et qu’il semble quelque peu blasé de la vie et peu empreint à l’empathie.

A moins que le choc du décès de sa mère ne l’ai mis dans cet état second et le pousse à relativiser tout les détails insignifiants de la vie du fait qu’il se trouve soudainement confronté à la mort…

L'Etranger - Albert Camus

 

L’incipit… incite, excite!

 

L’important je pense sur l’incipit, c’est de garder à l’esprit que c’est la partie à soigner le plus dans tout votre récit. Un bon incipit incite à terminer la page, une page bien écrite incite à tourner la suivante, un chapitre bien construit incite à lire le suivant… Vous avez compris le principe.

Idéalement, il faut que votre incipit soit percutant. Évitez donc de mettre trois heures à faire des descriptions du décor grandiloquentes ou rébarbatives. Visez l’essentiel ou faites efficace !

Soyez original, démarquez vous de la masse. Une fois, j’avais lu une scène débutant par un type vomissant dans les toilettes. L’entrée en matière était trash, mais efficace. Elle démarrait par de l’action. C’est une bonne manière de commencer, que vous choisissiez de le faire in media res (encore du latin, sapristi ! Je ferai un billet dessus, a l’occasion) ou pas.

Centrez le début sur vos personnages, essayez de les rendre intéressants et attachants.

Commencez par la fin.

Faites en sorte de captiver votre lecteur afin qu’il ne puisse plus décrocher de votre ouvrage !

 

Voilà, j’espère vous avoir éclairé avec l’importance de ce fameux incipit.

Et vous connaissez-vous des incipits percutants ? Comment pourrait commencer le vôtre ?

Venez nous en faire part dans les commentaires !

 

En vous souhaitant réussite et succès dans vos écrits,

Malik.

 

Si vous n’avez pas encore lu L’étranger, vous pouvez le trouver facilement ci-dessous ou en cliquant sur ce lien.

Acheter ce produit sur Amazon

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

Laisser un commentaire