Pourquoi un livre papier coûte-il si cher ?

Bonjour,

 

Vous-êtes-vous déjà demandé pourquoi le moindre livre papier, lors de sa sortie coûtait toujours autour de 20 euros ? C’est vrai, 20 euros pour un livre papier cela paraît cher pour la plupart d’entre nous. Est-ce vraiment trop cher payé ? Quels sont les vrais coûts de production d’un livre ? A qui cela rapporte-t-il le plus ?

Aujourd’hui, je vous propose une petite percée dans le monde de l’édition afin de répondre à toutes ces questions. Vous risquez d’être surpris par certains des chiffres que je vais vous énoncer…

La fameuse chaîne du livre…

Eh oui, comme pour beaucoup de produit du monde moderne, le livre suit aussi une chaîne de distribution.

Il faut tout d’abord écrire le livre. L’auteur, le véritable créateur, sans qui rien ne serait possible, passe des semaines, des mois, voire des années à créer une histoire originale susceptible de plaire à de futurs lecteurs.

Alors niveau taux horaire, si l’auteur était un salarié lambda payé au SMIC, je peux vous dire que créer un livre deviendrait un projet au coût exorbitant pour son employeur. Mais voilà, l’auteur, passionné par la création de ses histoires est prêt à faire le job gratuitement. Du moins, dans un premier temps.

Une fois le livre terminé, il faut le soumettre à un éditeur. Cet éditeur, reçoit chaque jour en moyenne une vingtaine de manuscrits d’auteurs inconnus espérant voir un jour leurs ouvrages dans les mains de chaque badaud qu’ils croiseront dans les parcs ou les transports en commun.

Choix difficile et longue file d’attente car il faut du temps pour tout lire.

Soudain, l’éditeur trouve une gemme brute parmi la pile de manuscrits. Il décide donc de tout faire pour faire émerger cet auteur talentueux dans l’espoir d’en faire le prochain vainqueur du Goncourt ou du prix Renaudot. Plus prosaïquement, il espère pouvoir éditer ce primo-romancier à au moins 1000 exemplaires pour amortir tous ses coûts annexes. Car oui, l’éditeur n’est pas juste un intermédiaire qui s’enrichit sur le dos de ses prolifiques auteurs (quoique…). Il faut parfois un peu éditer le livre, revoir certains passages, corriger les nombreuses coquilles, décider d’une couverture, etc… Et enfin, il faut inclure aussi les coûts d’impression qui sont à la charge de l’éditeur et rédiger un communiqué de presse. Il a donc besoin d’engager un correcteur, un graphiste, un imprimeur et un attaché de presse.

En échange des droits sur l’œuvre, l’auteur se voit proposer une rémunération basée sur un certain pourcentage. Celle-ci oscille en général entre 6 et 10% du montant hors taxe du livre et peut monter à 12% pour les écrivains reconnus. Pour simplifier les calculs, avec 5,5% de TVA, cela nous fait un livre en moyenne à 19 euros HT. 6% de 19 euros cela nous donne : 1,14 euro ! Et on monte jusqu’à 1,90 euros pour un contrat à 10%. En gros, pour 1 livre vendu à 20 euro, l’auteur ne se mettra en réalité qu’un petit euro dans la poche (avant imposition…).

Tout commence ici…

Mais l’éditeur ne se met pas tout le reste dans la poche, attention ! On parle d’une chaîne du livre. On a déjà vu certains des intervenants que l’éditeur va rémunérer sur ses propres deniers. Eh oui, car le livre n’est pas encore sorti. L’éditeur investit dans le potentiel qu’il ressent face au manuscrit d’un auteur. Il peut faire de très bons coups, comme des flops. Chaque mise sur le marché est un pari pour lui. L’auteur ne met pas un centime dans l’histoire. Il a déjà sué sang et encre pour en arriver là. Il ne manquerait plus qu’il paie pour le reste !

Mais ce n’est pas fini ! Il y a encore d’autres maillons qui interviennent et qui vont aussi prendre leur part sur le butin.

Une fois le livre réalisé, il te faut pouvoir le distribuer afin qu’il arrive dans les mains des lecteurs. Donc il faut des personnes qui vont se charger de la mise en place du livre. Pour les petits éditeurs, le démarchage se fait par eux-mêmes. La diffusion est donc limitée à quelques emplacements proches ce qui, de facto, limite la quantité potentielle de livre vendus…

Pour les gros éditeurs, ils ont des diffuseurs qui vont aller placer les livres un peu partout sur le territoire, dans les grandes surfaces, les librairies et même parfois à l’étranger. Le moyens mis en œuvre ne sont pas les mêmes. Cela dit, la diffusion des œuvres a aussi un coût non négligeable.

Pour finir, il y a donc les ces fameux points de vente approvisionnés en ouvrages et dont la mission va être d’écouler les livres. Oui, je veux donc parler ici des libraires. Contrairement à ce que vous pourriez penser, les libraires ne paient pas pour remplir leurs magasins de livres. Les éditeurs les leur livrent gratuitement. Si jamais au bout d’un certain temps il reste des invendus, ces derniers seront retournés à l’éditeur qui procédera alors à leur autodafé.

Pourtant, c’est bien le détaillant qui conserve la part la plus importante du prix de vente. En effet, plus du tiers du coût du livre lui revient.

Enfin, le lecteur voit ce formidable ouvrage qui lui semble si intéressant. Il va alors s’acquitter du prix de vente du livre, disons donc 20 euros.

La fin de la chaîne…

Au final, la boucle est bouclée et les 20 euros du prix du livre auront été réparti comme il suit :

5,5% de TVA pour l’Etat : 1,10 euro

6 à 10% pour l’auteur : 1,14 à 1,90 euro

15 à 19% pour l’éditeur : 3 à 3,80 euros

16% pour l’imprimeur : 3,20 euros

6,5% au diffuseur : 1,30 euro

11% au distributeur : 2,20 euros

36% au détaillant : 7,20 euros

Voilà pourquoi un livre édité de manière classique au format papier coûte si cher.

Pensez-vous que cette répartition est équitable ? Que pensez-vous de cette industrie ? Faites m’en part dans les commentaires.

En vous souhaitant réussite et succès dans vos écrits,

Malik Kahli.

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2 Comments

  • Claire

    15 juin 2020

    Il ne faut pas compter sur ça pour pouvoir en vivre. Préférable de l’éditer soi-même.

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    • Malik Kahli

      15 juin 2020

      Bonjour Claire,

      En effet, l’auto-édition peut constituer une bonne alternative. C’est d’ailleurs l’option que j’ai choisie pour publier mes deux premiers livres.

      Reply

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