Publier un livre : le monde de l’édition en quelques chiffres

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L’inspiration Divine!

Bonjour à tous,

Je m’amuse souvent à comparer les deux grands modes de publication actuels à savoir l’édition traditionnelle et l’autoédition. Aujourd’hui, je souhaiterais vous faire part de quelques chiffres forts intéressants concernant l’écriture et ces deux modèles.

Devenir écrivain : un rêve partagé par des millions de français

Saviez-vous qu’environ 30 % des Français déclarent avoir envie d’écrire un livre ? Ce qui nous fait au bas mot, 20 millions d’écrivains potentiels. Ce désir est présent dans toutes les tranches d’âge (c’est un peu le fameux de 7 à 77 ans).
La démographie évolue constamment, ce qui veut dire que chaque année, des dizaines de milliers de personnes, au bas mot, se réveillent avec cette ambition.
Parmi ces 20 millions de personnes, une grande majorité considéra cela comme un rêve inatteignable pour tout un tas de raisons et de croyances limitantes. Certains estimeront qu’il est trop tard, trop tôt, que c’est pas le bon moment, que c’est trop difficile, qu’ils n’ont pas le temps, qu’il faut être né avec une plume dans la main pour prétendre écrire un livre, que le jeu n’en vaut pas la chandelle… Tout un tas d’excuses qui justifient le fait qu’ils ne passent pas à l’action.
Voilà pourquoi peut-être 3 % de ces gens essaieront vraiment d’écrire.
Parmi eux, il y aura certainement une partie encore plus infime qui mènera son projet jusqu’au bout. Ce qui nous laisse tout de même avec un nombre substantiel de manuscrits attendant patiemment d’être découverts et révélés au grand public.
Au final, chaque année, des dizaines de milliers de manuscrits parcourent la France et font le bonheur de la poste qui amasse pas mal d’argent en timbre poste (compter plus de six euros pour envoyer un manuscrit relié par la poste).

Devenir le Highlander de l’édition : il ne peut en rester qu’un !

Les grandes maisons d’édition comme Gallimard reçoivent environ 6000 manuscrits. Les éditeurs importants comme POL en reçoivent à peu près 3000. Ensuite, on descend à des tailles d’éditeurs beaucoup plus humbles. La France compte environ 10 000 éditeurs. Mis à part pour les plus connus, comme ceux cités plus haut, leurs collections sont beaucoup plus restreintes et comptent moins d’une dizaine de livres pour les petites d’entre elles.
Maintenant, mettons un peu ces chiffres en face des sorties de la sacro-sainte rentrée littéraire.
Pour la rentrée littéraire 2016, 560 nouveaux romans et recueils de nouvelles français et étrangers ont paru, sensiblement le même nombre qu’en 2015, parmi lesquels 363 nouveaux romans français dont 66 premiers romans.
Oui, vous avez bien lu, 66 premiers romans, sur 10 000 éditeurs ! Les plus gros éditeurs en sélectionnent entre zéro et 3 par an en moyenne (sur 3000 à 6000 manuscrits, je vous le rappelle).
Quand je vois ces chiffres, je me dis que quelque chose ne tourne pas rond. Il n’y a pas seulement 66 personnes par an qui sont capables d’écrire un ouvrage de qualité.
Bien entendu, d’autres ouvrages paraissent au cours de l’année en dehors de cet événement, mais en tout on ne dépasse pas les quelques centaines de nouveaux auteurs découverts chaque année.

Ce que l’on ignore ne peut nous porter atteindre… Vraiment ?

Ainsi, des milliers d’excellents manuscrits passent à la trappe tous les ans.
Des livres qui auraient pu divertir le lecteur, apporter des solutions concrètes à des problèmes ou encore témoigner de phénomènes qui touchent beaucoup de gens finissent au pilon.
C’est autant de rendez-vous manqués avec les lecteurs. Autant de prises de consciences qui ne se produiront jamais. Autant de mots et d’idées qui n’impacteront jamais personne et resteront muselées au fond d’un tiroir à jamais.
Combien d’idées nouvelles, d’histoires inspirantes ne verront jamais le jour dans les ouvrages suivants, tuées dans l’œuf de ce premier refus éditorial ?
Malheureusement, le système éditorial actuel est ainsi fait. Extrêmement sélectif avec beaucoup d’appelés pour très peu d’élus.

La recherche : un univers proche de celui de l’édition

C’est très similaire au système de publication dans la recherche. Les revues limitent artificiellement leur place et procèdent à des sélections drastiques pour les articles. Nature, la plus grosse revue mondiale refuse plus de 90 % des articles soumis.
En procédant de la sorte, elles se rendent inaccessibles et augmentent artificiellement le prestige perçu à y publier. Ce modèle fonctionne tellement bien que les journaux possèdent des cotes qui reflètent ce prestige.
Cet indice, appelé impact factor (facteur d’impact) est devenu la métrique qui détermine les financements des laboratoires et qui fait et défait les carrières dans la recherche.
Je ne vais pas m’étendre là-dessus, ce n’est pas le sujet, mais cette manière de faire de la science conduit à de nombreuses dérives dans le milieu comme les fraudes, les articles fallacieux et également des faits divers parfois tragiques à cause de la pression et de la compétition que cela génère.
« Publier ou périr » est devenue la nouvelle devise de la recherche scientifique et la norme acceptée par tous dans le milieu.

La révolution est en marche

Trouvez-vous normal que seulement 66 personnes sur des dizaines de milliers puissent avoir la chance de confronter leurs écrits à un public ?
Pas moi.
Heureusement, la révolution numérique étant en marche, il est désormais possible de s’autoéditer et de laisser ses ouvrages trouver son lectorat sans avoir à passer par un filtre à la structure opaque dont on ne sait pas réellement sur critères le maillage est établi.
Je prends Amazon comme exemple, car en France, sa part de marche sur les ouvrages numériques est supérieure à 70 %. C’est donc l’acteur incontournable du marché. Sur cette boutique en ligne, il n’y a pas 66 mais des milliers de nouveaux ouvrages qui paraissent chaque année. Cela permet de donner sa chance à tout le monde.
Bien entendu, publier sur cette plateforme ne garantit pas le succès, mais cela a au moins le mérite de mettre l’auteur face à ce qu’il désire le plus : des lecteurs !
De plus, il est possible d’avoir le retour de ses lecteurs et de savoir ce qu’ils ont pensé du livre grâce aux commentaires. C’est l’occasion d’obtenir des critiques et de s’améliorer constamment. Ainsi, les livres de pauvre qualité ne survivent pas à la critique tandis que ceux plébiscités par les lecteurs peuvent atteindre encore plus de personnes.
Par ailleurs, certains auteurs qui rencontrent beaucoup de succès en ligne se font contacter par la suite par les éditeurs (qui ont pourtant souvent refusé le manuscrit lorsqu’il leur est parvenu par la poste). Il est plus facile pour eux de s’assurer du succès commercial d’un livre de cette façon et ils ne s’en privent pas.
Il y a de nombreux autres avantages à s’autoéditer, mais ce sera pour de prochains billets !

J’espère que cet article vous aura éclairé sur la situation. Quels éléments mériteraient d’être approfondis dans ce billet ? Donnez-moi votre avis dans les commentaires.

En vous souhaitant réussite et succès dans vos écrits,

Malik.

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