Comment faire une réécriture efficace de son manuscrit ?

Terminer son premier jet sonne déjà comme une petite victoire. Pourtant, bien qu’il s’agisse probablement du checkpoint le plus crucial dans le processus d’écriture, il n’en reste pas moins que votre manuscrit est encore sous une forme inachevée.

Après un break de quelques jours ou quelques semaines à laisser reposer tranquillement votre histoire, vous pouvez revenir la pétrir à nouveau.

Il s’agit bien évidemment de la phase de réécriture.

En ce qui me concerne, je fais plusieurs relectures en me focalisant sur des éléments spécifiques à chacune d’entre-elles. Vous êtes libre de procéder comme moi, ou bien de tenter de tout corriger d’une seule traite.

Je fais une première relecture où je lis l’histoire dans son ensemble et je corrige ce qui me paraît le plus évident ou dérangeant.

Ensuite, je me focalise sur certains points plus précis comme je vous l’ai indiqué plus haut.

Un texte efficace est un texte dynamique, dépourvu de passages inutiles, avec des verbes forts et des formes grammaticales correctes.

Voici une liste non exhaustive de ce qu’il convient à mon sens de prendre en compte et de modifier lors d’une phase de réécriture.

La réécriture : une étape dont il faut prendre soin !

Forme active/forme passive :

Je tiens cela de mon ami Stephen King. Dans son livre, « Ecriture, mémoires d’un métier », il insiste sur ce conseil. Il est vrai que la forme active est préférable car elle immerge le lecteur dans une action, une démarche active.

L’excès de formes passives peuvent alourdir considérablement le texte.

Le texte est considérablement alourdi par l’excès de formes passives.

 

Raccourcir pour plus d’impact :

On a souvent tendance à utiliser plusieurs mots là où l’on pourrait dire exactement la même chose en n’en utilisant qu’un seul.

Il cherchait avec beaucoup d’énergie un point d’eau pour pouvoir étancher la soif de ses bêtes

Il cherchait avec insistance une rivière pour abreuver ses bêtes

C’est juste un exemple simple, mais l’idée c’est de substituer plusieurs termes par un seul tout en gardant la même idée.

 

C’est… qui…

Je suis le premier à le faire. Si vous lisez mes articles, je suis certain que vous trouverez pléthore d’exemples où j’emploie cette suite dans mes phrases. Pourtant, on peut facilement s’en passer.

C’est cette flamme dans votre cœur qui fait de vous un écrivain

Cette flamme dans votre cœur fait de vous un écrivain

Dans la plupart des cas, vous verrez qu’il est facile de supprimer c’est… qui… dans ce genre de tournures. A moins que vous ne le fassiez sciemment pour insister sur une caractéristique particulière, supprimez-les autant que faire se peut. Les « que » accompagnant les verbes sont aussi à vérifier car ils sont inutiles aussi la plupart du temps.

Chaque phase de la réécriture est essentielle

Les verbes faibles ou ternes :

Ce sont typiquement les verbes comme « être » ou « avoir ». Ils sont si insidieux qu’on les retrouve vraiment partout. Je pense que ce sont eux qui me prennent le plus de temps de correction dans mes réécritures. Il est de bon usage de les supprimer ou de les remplacer par des verbes plus éloquents et ayant plus d’impact. Vous varierez ainsi le vocabulaire, vous serez plus précis et vous redonnerez du rythme à vos phrases.

Elle était assise seule sur le banc. Elle attendait son arrivée, les yeux rivés sur l’entrée du parc.

Seule sur le banc, elle attendait son arrivée, les yeux rivés sur l’entrée du parc.

Vous ne trouvez pas la deuxième phrase plus dynamique ? Moi si…

 

« Devoir » et « pouvoir » : Je ne sais pas pour vous, mais je les utilise à toutes les sauces. Souvent pour insister ou tempérer. En réalité, on devrait pouvoir s’en passer 😉

Il devait en premier lieu s’assurer de la disponibilité des tickets.

Il s’assurait en premier lieu de la disponibilité des tickets.

Comme vous pouvez le constater, (ou plutôt : comme vous le constatez) devoir ne servait pas à grand-chose. Cela n’enlève rien à la compréhension.

 

Les actions inutiles :

Il n’est pas nécessaire de tout dire et tout détailler dans un récit. Les descriptions ont leur importance, elles véhiculent l’action, mais il faut voir aussi à laisser une part d’interprétation au lecteur. Il est assez évolué pour comprendre les actions implicites prises entre deux instantsde votre récit.

Il le regarda fixement dans le miroir, avant de se tourner pour parler en face à face à son interlocuteur

Il le regarda fixement dans le miroir avant de se tourner

Si le dialogue démarre juste après, on se doute bien qu’il s’est tourné pour faire face à son interlocuteur…

 

Dans les évidences, on trouve aussi les lieux, le temps, les formes, les pléonasmes.

Vous savez qu’il est inutile de monter en haut et de descendre en bas. Mais, dans la même idée, dire qu’il fait bouillir une marmite dans la cuisine ou qu’il joue avec une balle de tennis ronde. On trouve souvent ce genre de détails inutiles dans les récits. Il vaudrait mieux les supprimer.

Les précisions sont cruciales pour donner corps à votre histoire. Mais parfois, à trop vouloir préciser on finit par énoncer des évidences, voire sortir des pléonasmes.

Restez méthodique, au risque de passer un temps infini sur votre manuscrit

Montrer et ne pas dire :

Celui-ci est très important. Lorsque vous souhaitez transmettre une émotion, essayez de la montrer sans vraiment la dire. Il ne suffit de dire « elle a eu très peur » ou « elle a vraiment eu super peur ». Montrez la peur.

Dans cette maison effrayante, Anna avait vraiment très peur.

Dans cette vieille bâtisse sombre et décrépie, Anna avançait à reculons. Son cœur s’accélérait à chacun des grincements du plancher sous ses pas.

Laquelle des descriptions vous parle le plus ? Vous sentez que dans la deuxième, certes plus longue, vous imaginez la scène et par empathie, vous allez comprendre que le personnage ressent de la peur, sans même que ce mot n’y soit employé. A contrario, dans la première phrase, on a « effrayante » et « vraiment très peur ». Pourtant, je vous parie que lorsque vous lisez cette phrase, vous ne ressentez rien de spécial et ne visualisez rien de particulier non plus.

Il est tentant de vouloir transmettre des émotions en usant et abusant de superlatifs, mais cela ne sert pas à grand-chose. Plutôt que de vouloir dire et insister, montrez !

 

Faites confiance au lecteur :

Il est parfois tentant de redire ou de rappeler des choses qui se sont passées plus tôt dans l’histoire. Une sorte de résumé des actions précédentes, un peu comme le récap des épisodes précédents de votre série Netflix préférée. Faites confiance au lecteur, si votre histoire l’a captivé, il se souviendra des évènements précédents.

Il parvint enfin devant la caverne secrète. Grâce à la clé récupérée au chapitre 3 dans la chambre de sa grand-mère, il ouvrit la porte secrète.

Il parvint enfin devant la caverne. Grâce à la clé, il ouvrit la porte secrète.

Puis vous pouvez travailler la tournure :

Il parvint enfin devant la caverne secrète qu’il ouvrit grâce à la clé.

 

Il y a d’autres éléments à surveiller bien entendu comme par exemple l’abondance de « pour » ou bien l’utilisation de conjonctions à outrance. Bien souvent, elles peuvent aussi être supprimées sans changer le sens de la phrase.

 

Et vous, que modifiez-vous quand vous entrez dans la phase de réécriture ? Y-a-t-il d’autres points de vigilance auxquels vous êtes particulièrement attentif ? Dites-le-moi en commentaire !

 

En vous souhaitant réussite et succès dans vos écrits,

 

Malik Kahli.

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